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La croissance et le succès du commerce de la fourrure dépendent des hommes et des femmes des Premières nations et de la nation métisse, alors que la concurrence entre la CBH et la Compagnie du Nord Ouest ouvre la porte à une nouvelle ère.


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Author: John Pritchard [of this excerpt]
Title: Statement Respecting The Earl of Selkirk's Settlement upon the Red River
Year Published: 1817
Copyright Holder: Expired; no restrictions on use.
  -64- John Pritchard : La bataille de Seven Oaks

John Pritchard (1777-1855) était un Anglais qui est arrivé au Canada en 1800 et s’est adonné au commerce de la fourrure peu de temps après. Il a été au service de la compagnie XY jusqu’en 1804 et de la Compagnie du Nord-Ouest jusqu’en 1814, et décida alors de s’établir à la colonie de la rivière Rouge.

Cet extrait de son livre (publié à Londres en 1819) contient des dépositions concernant la destruction de la colonie en 1815 et 1817 et décrit le massacre de Seven Oaks.

Après Seven Oaks, John Pritchard a été fait prisonnier par la CNO pendant près d’un an, mais il devint un citoyen exemplaire à la rivière Rouge et siégea au sein du conseil d’Assiniboine. P. 82 à 85, 2e paragraphe : « On the afternoon… and Lavigne. »


« L’après midi du 19 juin (décrit M. Pritchard dans son texte narratif), un homme dans la guérite cria que des Métis s’approchaient. Le gouverneur, d’autres hommes et moi même, regardâmes avec des jumelles et nous vîmes distinctement des gens armés à cheval passant dans les plaines.

Un homme cria alors : « Ils (c’est-à-dire les Métis) se dirigent vers les colons », ce à quoi le gouverneur répondit : Nous devons aller à la rencontre de ces gens. Que vingt hommes m’accompagnent. »

Nous suivîmes l’ancien sentier menant à la colonie. En chemin, nous rencontrâmes bon nombre de colons courant en direction du fort et criant « les Métis, les Métis ».

Lorsque nous nous fûmes avancés d’environ trois quarts de milles, nous vîmes des gens à cheval derrière des arbres. En s’approchant, ils nous semblèrent plus nombreux. Le gouverneur ordonna alors une halte et fit chercher un canon de campagne. Comme le canon n’arrivait pas, il nous fit avancer. –

Nous n’avions pas avancé beaucoup que les Métis, à cheval, avec leurs visages peints des motifs les plus horribles et habillés comme des guerriers indiens, s’avancèrent et formèrent un demi-cercle autour de nous.

Nous nous déployâmes donc dans la plaine; comme ils avançaient, nous reculâmes de quelques pas. C’est alors que je vis un Canadien, nommé Boucher, s’avancer vers nous en faisant des signes de la main et nous demandant « Que voulez vous? », ce à quoi le gouverneur répondit, « Que voulez-vous? ».

Boucher répondit alors « Nous voulons votre fort » et le gouverneur répondit « Retournez à votre fort ».

Ils étaient, à ce moment, très proche l’un de l’autre et parlaient trop bas pour que j’entende. Me trouvant un peu plus loin, à la droite du gouverneur, je le vis s’emparer du fusil de Boucher et presque immédiatement des tirs d’armes à feu se firent entendre.

Je ne sais pas s’ils provenaient de notre côté ou de celui de l’ennemi, impossible à distinguer. À ce moment, je ne pensais qu’à ma propre défense.

En quelques minutes, presque tous nos gens furent tués ou blessés. Le capitaine Rogers, qui s’était effondré au sol, se releva et vint vers moi. Je lui criai de se rendre, puisque tous ceux de notre groupe avaient été tués ou mis hors de combat.

Il leva les mains, et en anglais, ainsi qu’en mauvais français, il implora leur pitié. Un Métis (fils du colonel William McKay) visa la tête et tira, alors qu’un autre lui ouvrit le ventre avec un couteau, en lançant les imprécations les plus horribles.

Heureusement, un Canadien (nommé Lavigne) joignant ses efforts aux miens, me sauva (avec cependant la plus grande difficulté) et m’évita le sort de mon ami. Après cela, je fus sauvé de la mort, de façon quasi providentielle, pas moins de six fois, sur le chemin de Frog Plain (les quartiers généraux de ces meurtriers).

Je vis là bas qu’Alexander Murray et sa femme, deux des enfants de William Bannerman et Alexander Sutherland, des colons, ainsi qu’Anthony McDonell, un serviteur, avaient été faits prisonniers avant que la bataille ne commence.

À l’exception de moi-même, il ne fut fait de quartier pour aucun d’entre nous. Le couteau, la hache ou les balles mirent fin à l’existence des blessés, et sur les corps furent pratiqués les horribles barbaries qui caractérisent le cœur inhumain du Sauvage.

Le doux et amical M. Semple, couché sur le côté (sa hanche étant brisée) et se tenant la tête avec les mains, s’adressa au commandant en chef de nos ennemis et lui demanda s’il était M. Grant; lorsqu’on lui répondit par l’affirmative, il dit « je ne suis pas blessé mortellement et si vous me ramenez au fort, je crois que je pourrais vivre ».

Grant promit qu’il le ferait et le laissa immédiatement aux soins d’un Canadien. Ce dernier raconta alors qu’un Indien de son groupe tua M. Semple d’un coup de fusil dans la poitrine. Je demandai à Grant de me donner la montre, ou même les sceaux de M. Semple, afin de les remettre à ses amis, mais sans succès.

Notre force était composée de vingt-huit hommes, dont vingt et un furent tués, et un blessé. Le gouverneur, le capitaine Rogers, M. James White, le chirurgien, M. Alexander McLean, un colon, M. Wilkinson, secrétaire privé du gouverneur et le lieutenant Holt, de la marine suédoise et quinze serviteurs furent tués. M. J.P. Bourke, commerçant, fut blessé, mais réussit à se sauver.

Le groupe ennemi, à ce qu’on m’en dit, comprenait soixante deux personnes, dont la majeure partie était composée de serviteurs et commis de la Compagnie du Nord-Ouest. Il n’y eut au sein de ce groupe qu’un seul mort et un blessé.

Les chefs aux commandes du groupe ennemi étaient messieurs Grant et Fraser, Antoine Hoole et Bourrassa; les deux premiers étant des commis, et les deux derniers, des interprètes au service de la Compagnie du Nord-Ouest. Dans le champ, je vis six serviteurs canadiens de la Compagnie du Nord-Ouest, notamment Boucher, Morin, DesChamps, Joseph Hesse, Mageau et Lavigne.


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Did You Know?
Même si aucune de ses entreprises commerciales ne réussit, John Pritchard était respecté dans la colonie comme professeur de l’école du dimanche, et dans les années 1820 et 1830, il dirigea une école pour les garçons et les filles à Middlechurch et East Kildonan.